Apprentis : le niveau en écriture et en math jugé insuffisant
Une enquête menée auprès de près de 3 000 entreprises suisses par trois grandes organisations patronales — economiesuisse, l'Union suisse des arts et métiers et l'Union patronale suisse — dresse un constat préoccupant : le niveau des apprentis en écriture et en mathématiques se dégrade de façon continue depuis cinq à dix ans. En matière rédactionnelle, près de six entreprises interrogées sur dix jugent les capacités de leurs apprentis insuffisantes, et les trois quarts d'entre elles estiment que la situation s'est aggravée. Les…
Lire la synthèse →Une enquête menée auprès de près de 3 000 entreprises suisses par trois grandes organisations patronales — economiesuisse, l'Union suisse des arts et métiers et l'Union patronale suisse — dresse un constat préoccupant : le niveau des apprentis en écriture et en mathématiques se dégrade de façon continue depuis cinq à dix ans. En matière rédactionnelle, près de six entreprises interrogées sur dix jugent les capacités de leurs apprentis insuffisantes, et les trois quarts d'entre elles estiment que la situation s'est aggravée. Les difficultés portent notamment sur la grammaire, l'orthographe, la rédaction professionnelle, ainsi que sur la compréhension de textes complexes. Côté mathématiques, 42 % des entreprises expriment une opinion négative, signalant en particulier des lacunes dans l'interprétation et la mise en contexte des résultats. À l'inverse, les compétences numériques ressortent comme le seul point positif, nettement au-dessus des autres domaines. Ces faiblesses trouvent un écho dans les données internationales : selon l'enquête PISA de l'OCDE, les scores moyens des élèves de quinze ans ont chuté de plus de 22 points en mathématiques et de plus de 25 points en lecture entre 2012 et 2022 en Suisse. Les causes exactes restent mal cernées. Rudolf Minsch, économiste en chef d'economiesuisse, reconnaît que « nous savons encore relativement peu de choses sur les causes ». La pandémie de Covid-19 est mentionnée comme piste possible, mais sans démonstration établie. La progression de l'intelligence artificielle est écartée comme explication principale, le recul étant antérieur à son essor. La part croissante d'élèves dont la langue maternelle diffère de la langue d'enseignement — passée de 21 % à 36 % en vingt-cinq ans — est également citée parmi les facteurs potentiels. Sur le plan économique, les conséquences sont tangibles : une entreprise sur cinq envisage de réduire ses recrutements d'apprentis, une situation jugée particulièrement critique pour les PME. Deux entreprises sur cinq font état de coûts supplémentaires, souvent de l'ordre de 2 000 francs par an, liés au renforcement de l'encadrement. Face à ce tableau, les faîtières réclament que lecture, écriture et mathématiques retrouvent une place prioritaire dès la scolarité obligatoire, et demandent la mise en place d'un suivi statistique pour orienter les décisions sur des données fiables. De son côté, la Confédération a annoncé le déblocage de trois millions de francs pour améliorer la qualité de la formation dispensée en entreprise, une mesure décidée lors du Sommet national de la formation professionnelle en novembre dernier.
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