« On a manqué de cohérence » : l'OCDE sanctionne sévèrement dix ans de réformes scolaires françaises
Les résultats de l'enquête PISA 2025, publiés le 8 septembre, dressent un bilan particulièrement sombre pour la France. Ce programme, conduit tous les trois ans par l'OCDE auprès d'élèves de 15 ans dans 91 pays, évalue les compétences en mathématiques, en compréhension de l'écrit et en sciences. Pour cette édition dont le domaine prioritaire était les sciences, les performances françaises figurent parmi les plus faibles jamais enregistrées depuis le lancement du dispositif en 2000, et se situent nettement en deçà de celles mesurées…
Lire la synthèse →Les résultats de l'enquête PISA 2025, publiés le 8 septembre, dressent un bilan particulièrement sombre pour la France. Ce programme, conduit tous les trois ans par l'OCDE auprès d'élèves de 15 ans dans 91 pays, évalue les compétences en mathématiques, en compréhension de l'écrit et en sciences. Pour cette édition dont le domaine prioritaire était les sciences, les performances françaises figurent parmi les plus faibles jamais enregistrées depuis le lancement du dispositif en 2000, et se situent nettement en deçà de celles mesurées il y a dix ans.
En mathématiques, la dégradation est particulièrement marquée. Le score national recule de 16 points en trois ans, passant de 474 à 458, alors que la moyenne des pays de l'OCDE ne chute que de 9 points. Sur une période plus longue, la France aurait perdu plus de cinquante points depuis 2003 — ce qui, selon Éric Charbonnier, analyste à la direction de l'éducation de l'OCDE, représente environ deux années et demie d'apprentissage perdues en une génération. En 2012, le pays affichait encore 495 points ; il se retrouve désormais au niveau de l'Espagne ou de la Croatie, loin derrière des nations comme Singapour (563 points) ou l'Estonie (508 points).
La proportion d'élèves en difficulté en mathématiques a grimpé à 36 %, contre 29 % en 2022, et la part des très bons élèves s'est réduite à seulement 5 %, contre 8 % en moyenne dans l'OCDE. La baisse touche aussi bien les filles que les garçons, et concerne désormais les élèves issus de milieux favorisés. Les inégalités sociales restent, elles, particulièrement saillantes : l'écart de résultats entre élèves très favorisés et très défavorisés est l'un des plus importants de l'OCDE, avec 100 points d'écart en culture scientifique, contre 85 points en moyenne.
En sciences, domaine central de cette édition, la France obtient 483 points, un score stable par rapport à 2022 mais en baisse depuis 2015, où il était de 495 points. La part des élèves en difficulté dans cette matière est passée de 22 % à 26 % depuis 2015.
L'enquête pointe également un affaiblissement du soutien parental : la part d'élèves interrogés par leurs parents sur leur journée scolaire est tombée de 74 % à 63 % en trois ans. Par ailleurs, seul un élève sur deux déclare que son enseignant s'intéresse à l'apprentissage de chacun, contre 69 % dans les autres pays de l'OCDE. Ce tableau d'ensemble intervient après une décennie de réformes successives — cycles, programmes, socle commun, brevet — dont l'OCDE semble souligner le manque de cohérence et d'efficacité cumulée.
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